De Téhéran à Shiraz: Contrastes iraniens et dépaysement

De Téhéran à Shiraz: Contrastes iraniens et dépaysement

Salam !

La question réccurente des Iraniens à notre égard : « Mais pourquoi venez vous en Iran ? »

Notre réponse: « Pour voir le réel visage de ce pays et de ses habitants. » Et l’agréable découverte est de taille !

Après une courte nuit, nous découvrons à Téhéran le parc de Saad Abad au Nord de la ville, la température y est fraiche. A l’entrée du parc nous sommes abordés par deux étudiantes iraniennes qui nous accompagnent pour la visite. Dans une forêt d’immenses arbres se nichent 18 palais. Nous visitons le palais vert. Les pièces sont entièrement recouvertes d’une splendide mozaique d’éclats de miroirs Les tables dressées d’une porcelaine de Limoges et les murs drapés de tapisseries des Gobelins. Un petit Versailles.

Saad Abad Garden

Au fil de la balade, les filles délient leurs langues et on comprend tout le contraste entre la volonté du gouvernement et la vision du peuple, notamment de la religion, la liberté et la place des femmes. M. porte le Hijab (voile islamique noir et long) lorsqu’elle est avec ses amis et au quotidien ; en famille elle met un simple foulard. Elle m’explique que c’est son choix personnel et qu’elle se sent ainsi plus libre, ne suscitant pas la curiosité des autres. Dans de telles circonstances, la définition de la liberté nous semble relative. En tout cas, elle tient à couvrir sa tête « car elle est musulmane ». Son amie P. apprécie l’ouverture de Téhéran en opposition aux villes du Sud, qu’elle juge trop empreintes de la religion. Une belle rencontre, aussi inattendue que riche. Les adieux sont touchant.
Khoda Hafez – Au revoir, littéralement: Dieu te prend dans ses bras.

A la sortie du parc, nous sommes déjà attendus par la famille de Sanaz, rencontrée dans l’avion. Nous montons dans leur Peugeot 206 accompagnés par la musique iranienne, chaleureuse et entrainante. Amir Ali, 7 ans et demi, se met à chanter et la voiture s’enflamme.

Mojtaba, le mari nous dit « Vous êtes nos invités pour toute la soirée ». Ils nous conduisent dans un café du nouveau quartier « Nature » surplombant la ville. Visite des jardins urbains et du pont piéton Tabiat au dessus de l’autoroute. Atmosphère quasi familiale. Ils nous invitent ensuite au restaurant avec leurs amis Reyhene et Mohammadreza. Le soucis principal des Iraniens semble être que nous rentrions en France avec des souvenirs mémorables et justes de leur pays.

En une après midi à Téhéran nous avons reçu une énergie positive d’une intensité incroyable. Transmise par leur regard, leur générosité et leur présence. C’est fort.

Cela dit, nos déboires de touristes, lorsque nous sommes seuls ne sont pas épargnés. Croyant se faire rouler d’un facteur 10 à chaque achat, il nous a fallu une journée pour découvrir que le Tuman, monnaie officieuse, prime sur le Rial. 1 Tuman = 10 Rial.

Dans le métro et le bus, les hommes et les femmes voyagent dans des compartiments séparés. Guy fait sourire certaines Iraniennes en montant par mégarde dans le secteur « Women only ». D’autres en sont plutôt mal à l’aise.

Les vols intérieurs peuvent se booker au dernier moment, à minuit pour un vol Mahan Air le lendemain. Nous n’avons pas trouvé comment booker nous même sur internet, le réceptionniste de l’hôtel le fait pour nous. En achetant mon ticket de bus pour Yerevan nous découvrons que je prendrai le bus la semaine prochaine le 25 janvier 1396. Le début de l’ère iranniene correspond au départ du prophète de La Mecque en 622 ap.JC.   

A l’aéroport de Téhéran, on passe les contrôles hommes et femmes distinctement.
Arrivés à Shiraz, le chauffeur de taxi dans sa voiture des années 70 nous montre les nombreuses effigies postées en bord de route en mémoire des victimes de Sadam Hussein. Une guerre que le peuple iranien n’a pas souhaitée.

Le contraste est fort. Téhéran semble moderne, nature et verte ; alors que Shiraz semble plus traditionnelle et aride (+ 5 °C par rapport à Téhéran).

On flâne dans les rues de Shiraz. Les bâtiments sont splendides. Coupoles bleues, mozaiques colorées, motifs en pierres, vieux bazar, mosquées, citadelle, avec en arrière plan les montagnes arides – l’architecture perse nous envoûte. Les rues sont bordées de petites échoppes, où l’on peut acheter tout et n’importe quoi. La rue respire la vie ! Et pour cause, les Iraniens comptent 60 % de moins de 30 ans.

Quelques points communs des deux villes. Elles sont actives 24h/24. C’est avec effarement que l’on découvre l’activité nocturne: les ouvriers sur les chantiers (sans casque ni éclairage # Sicherheitsrundgang #), le terminal de bus semblable à un marché à la criée, les rues pleines de voitures.

Nous définirons la conduite iranienne comme la conduite au forcing, il ne faut pas être endormi pour se frayer un chemin ! Comme le dirait notre hôte, tous les iraniens sont des Schuhmacher. Parfois à reculons sur la bande d’arrêt d’urgence ou même sur la voie de droite de l’autoroute. A côté, Marseille c’est calme ! Les voitures sont souvent abimées, les carrossiers doivent faire faillite ici, pourtant le marché pourrait être florissant ! Les piétons traversent le rues à 4 voies sans passage clouté, esquivant chaque voiture une à une. La ceinture n’est pas de rigueur et les enfants assis sur les genoux de leur parent sur le siège passager saluent avec un grand sourire les policiers postés au feu rouge.

On se fait rouler en tant que touristes mais on se sent toujours en sécurité dans ce pays ; un ange gardien guette sur nous. Toujours prêt à nous aider pour ne pas nous faire entuber au comptoir de change, nous indiquer une direction, nous souhaiter la bienvenue en montant dans un bus ou bien nous proposer de nous emmener à bon port en voiture alors que nous attendons sagement à l’arrêt de bus.

C’est ce qui nous est arrivé à Shiraz avec les soeurs A. & A. Nous pensions qu’elles nous emmèneraient simplement au jardin Bagh-e Eram. La promenade nous a conduits dans tous les coins de la ville et s’est terminée à 23:00 en prenant le café chez elles. Au delà des visites de monuments fantastiques et de leur plaisir de partager l’histoire de la Pars (Perse) cette rencontre est surtout un échange sincère et enrichissant sur leurs vies de femmes en Iran. Leur Peugeot « Pars » cabossée (avec moins de chevaux qu’en Europe), la musique à tue tête libère la parole et d’intenses émotions. La vérité de leurs échanges est telle qu’on ne peut l’écrire.

Un des moments forts de la journée est la visite du Mausolée de Shah Cheragh. Après avoir endossé notre Tchador, nous entrons dans l’enceinte sacrée de Shiraz, fouillés puis controlés de près par un garde spécial. Portes dorés, coupole bleue, musique du coucher du soleil, intérieurs recouverts de mozaiques de miroirs et omniprésence de la religion. Un certain malaise s’installe mais nous sommes impressionés par la grandeur et la luxure du lieu.

Autre moment intense, l’arrivée chez nos hôtes, la rencontre de leur maman et la découverte de leurs cheveulures sans le voile, tout simplement l’entrée dans leur intimité.

A la réponse pourquoi s’est elle arrétée en nous voyant A. nous répond qu’en voyant ces trois personnes sur le bord de la route elle a simplement ressenti une impression positive et suivi son instinct. Malgré la fatigue du voyageur, il nous est difficile de trouver le sommeil après une telle journée, tant les pensées fusent.

Nous voilà à présent dans le bus, direction Yazd.  

Mamnun az komaketun (Merci pour votre aide)

C’est incroyable tout ce que nous avons à partager en à peine 4 jours… Ce pays est attachant. On essaiera d’être plus conscis sur les prochains articles !

5 réactions au sujet de « De Téhéran à Shiraz: Contrastes iraniens et dépaysement »

  1. Salut les voyageurs,

    Merci pour ces récits et photos qui font rêver… Pas besoin de faire plus court, on voyage ainsi un peu plus avec vous. 🙂

    Ciao

  2. Je me suis vraiment regalée à la lecture de ce récit qui donne la pêche et suis etonnée de ces belles rencontres , les photos sont superbes

    si tu peux continuer ainsi nous te suivrons

    bises

    Nathalie

     

     

  3. Merci à mon Fillouloup et à ses amis globe-trotter pour ces reportages rafraichissants, qui posent un regard positif sur des contrées lointaines et les humains qui les peuplent.

    Le thème de la fête du livre, à Roisey, est cette année: "il faut cultiver notre jardin"

    C'est ce que vous faites et ferez tout au long de votre périple, aussi nous penserons bien à vous à chaque lecture de vos reportages.

    Bisous!

  4. Beaucoup de découvertes, bien des émotions et surtout une forte envie de partager avec nous ces aventures !

    Il va falloir revenir souvent par ici pour suivre ce qui ne fait que commencer…

    Profitez bien de l'Iran et bises à la famille depuis le Sud de l'Inde.

    Aurélien

  5. Hello,

    Merci pour ces superbes récits qui nous font vivre votre voyage !

    Il ne faut surtout pas être plus conscis!! Plus de photos et toujours autant de partage seront parfait !!

    Bon courage pour la suite ! On continue a vous suivre !

    Gary et Marine !

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