L’Iran – De Nordooz à Téhéran

L’Iran – De Nordooz à Téhéran

Le deuxième passage à la frontière est la bonne! Après 4h d’attente, nous obtenons notre visa iranien et parcourons nos  premiers kilomètres à travers des paysages montagneux assez arides. A chaque coup de pédale, les couleurs des montagnes changent, passants du orange, au blanc, puis au rouge jusqu’au rose. L’arrêt au premier village m’a procuré un choc (comme un sentiment d’agoraphobie) : arrivés à la sortie de la prière Zuhr (début de l’après midi),  40 iraniens nous entourent rapidement, curieux, souriants, certains nous proposent même de nous inviter dormir… La transition est trop brusque entre les espaces arméniens et cette proximité iranienne. On se fera tout de même inviter quelques kilomètres plus loin…

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La réputation de l’accueil Iranien n’est pas usurpée: lors de la première semaine, nous n’avons pas réussi à poser la tente, accueillis principalement dans des maisons de travailleurs : producteurs de truites, agriculteurs, camionneurs, tunneliers… Cela nous permet d’avoir différentes visions de l’Iran mais on remarque toujours cette même gentillesse et curiosité (envers nous, ainsi que la France).

Les Iraniens et Iraniennes sont toujours élégants et prennent soin d’eux. Et nous avons plusieurs fois des remarques sur nos « barbes » mal rasées. Lors d’une invitation à prendre le thé (qui se transformera en déjeuner) et  entre divers discussions, notre hôte sort une tondeuse afin de gratifier Romain d’une belle moustache. Je sors pour ma part de sa boutique avec le bouc.

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A Tabriz, nous avons été reçus dans la famille de Morteza, que nous avions rencontré précédemment à Van en Turquie. Entre les succulents repas (composé de Kofte, d’Abgoosht et mille autres délices),  la rencontre d’une bonne partie de la famille (oncles, tantes, cousins,…), la découverte de la fabrication de tapis persan (qui sont réalisés en plusieurs mois voir années), nous avons pu mieux comprendre la vie de Morteza, un ingénieur de notre âge. Il nous explique les contrastes de son pays. Tout juste fiancé (contrat légal en Iran), il nous raconte sa rencontre avec sa femme à l’université, ses fuites devant les policiers lors de leurs premières balades en amoureux (interdiction pour un jeune homme et femme d’être ensemble sans aucun lien de parenté), et nous dit qu’il ne découvre vraiment sa femme que depuis qu’il est fiancé.

L’accueil fût si chaleureux et formidables que nous nous sentions comme des membres de la famille. Et c’est la larmes à l’œil que nous les quittons…

 

 

Après ce passage émouvant à Tabriz, nous grimpons dans la chaîne de l’Elbourz pour accéder à la côte de la mer à Caspienne. Le passage de col juste avant le charmant village de Masuleh, nous offre un contraste saisissant:  d’un côté les montagnes arides, et de l’autre la « jungle » comme l’appelle les iraniens: forêt verdoyante, rizières, cultures de thé, toits des maisons incurvés. On se croirait déjà arrivé en Asie du Sud-est.

La route qui mène a Téhéran traverse à nouveau la chaîne de l’Elbourz par un étonnant canyon, étroit et entouré de sommets à plus de 4000m d’altitude. Démarrant de la mer, nous montons jusqu’à 3100m d’altitude, bien aidés pour les 300 dernier mètres de dénivelé par le téléphérique de Dizin,  qui est redémarré (merci encore pour la gentillesse des Iraniens) juste pour nous car la route est encore enneigée …

Nous sommes content d’arrivé à Téhéran: tout d’abord car je sais que je vais retrouver mes parents venus voyager en Iran, mais aussi car on va poser pendant un temps les bicyclettes. Ces derniers jours ont été intenses physiquement et émotionnellement dû aux nombreux jours de vélos consécutifs et aux invitations avec des discussions tardives presque chaque soir. L’Iran, c’est sportif! Affaire à suivre.

 

PS: Après avoir obtenu le visa de transit Turkmène, Graal du cyclotouriste parcourant la route la soie (50% de réussite de manière aléatoire), nous avons déjà retrouvé Mara et Joce en Ouzbékistan pour ce nouveau voyage qui commence.

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Notez les différences de bronzage!

 

 

5 réactions au sujet de « L’Iran – De Nordooz à Téhéran »

  1. Coucou les garçons

    J'ai mis du temps à pondre mon petit commentaire. Voilà c'est fait, tout d'abord bravo pour vos photos , elles sont vraiment  sublimes. L'accueil des Iraniens est tout simplement magique, nous l'avons constaté aussi avec Marina.

    Côté bouc et moustache nous n'avons aucune anedocte, la vôtre est rigolote. Pour nous, ce fut centré sur le foulard et le tchador…

    Ce pays mérite bien de s'ouvrir au monde , son peuple est merveilleux.

    Bonne continuation sur les routes de l'Asie.

    Bises

    Florence

     

  2. Coucou les 4 fantastiques … superbe article trop chouette d'avoir des nouvelles de votre périple iranien … ces belles rencontres donnent chaud au coeur et nous font réaliser que l'être humain est bon, chaleureux, accueillant et que malheureusement les Infos nous donnent une image déformée du monde.  Belles images de vous au milieu de ces belles personnes et paysages. Belle aventure comme disaient hier des collègues de Christophe qui dīnaient à la maison ! On attend la suite avec impatience bises Vero

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