De Tbilissi à la Turquie

De Tbilissi à la Turquie

Après notre petite escale dans la capitale, on laisse Clém prendre son taxi pour l’aéroport et nous voilà avec Marion à nouveau sur les routes géorgiennes.

Une petite mise en jambe avec une grimpette de 900 m de dénivelé nous fait prendre de la hauteur sur Tbilissi et arriver sur de beaux plateaux montagneux en direction de Manglisi. A Imera, nous sommes accueillies par Junjuna, géorgienne musulmanne. Nous nous aventurons ensuite sur de splendides petits chemins en terre au dessus du lac de Tsalka : Quand il y a des nids de poules, c’est pas cool !

 

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On redescend vers le sud du pays, où les habitants des villages parlent tous l’Arménien. A Kusci et Ninotsminda ce sont d’ailleurs des familles arméniennes qui nous accueillent chaleureusement. Nous apprenons à jouer aux cartes (Himar ou Durak, jeu commun aux pays de l’ex URSS), faisons des coloriages à l’aquarelle et une activité taille crayon avec les enfants. Ici le crayon dans la main gauche de Marina les étonne, ils forcent encore la main droite.

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Avant de passer la frontière turque nous faisons un crochet par Vardzia pour découvrir les splendides gorges qui mènent à ce joli monastère troglodyte datant du XI ème siècle.

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Au détour des routes nous sommes rarement autorisées à payer notre pain ou nos deux pommes. En plus des repas et d’un lit chaud, nos hôtes nous offrent des oeufs et du pain en partant. Grâce à l’hospitalité géorgeo-arménienne en une semaine nous n’avons pas déplié la tente et nous avons dépensé seulement 5 euros par personne en nourriture !

En bref, nous sommes marquées par la diversité des habitants en Géorgie (Musulmans : Orthodoxes / riches : pauvres / Arméniens : Russes (Crimée) : Ukrainiens : Azéris : Géorgiens) mais avant tout nous roulons à la découverte d’un pays qui éveille nos cinq sens..

Commençons par l’OUÏE !

– le chant du coq à toute heure de la journée
– le meuglement de la vache pour appeler la fermière à la traite du soir
– les aboiements des chiens de garde sur le bord de la route (qui font rouler Marion à la vitesse d’une fusée!)
– les interpellations dans une langue incompréhensible
– le crépitement du tuyau de chauffage qui mérite une bonne purge
– le tic-tac de l’horloge dans les coquettes chambres où nous hébergent nos hôtes
– le moteur crachotant des voitures qui nous doublent
– le feuilleton arménien en bruit de fond dans le salon
– la fermeture du poêle en fonte
– le chant des oiseaux
– les freins du vélo qui crissent
– la cloche suisse de Marina qui tinte
– le chant du Muezzin dans les villages aux minorités musulmanes

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Le TOUCHER

– la météo printanière avec le vent, la pluie et la grêle qui fouettent nos visages
– le grip du guidon
– la peau salée après la journée de vélo
– la roue arrière qui dérappe dans les cailloux gris-taupe de la montée au-dessus de Vardzia
– les tasses de « chai » et « coffe » chaudes
– les embrassades chaleureuses
– la main d’un enfant qui saisit soudainement la nôtre

L’ODORAT

– l’encens dans les églises
– les fleurs qui éclosent au printemps
– le purin
– la fumée du feu de bois

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Le GOÛT

– la coriandre
– le pain blanc (Puri) chaud qui sort du poêle
– le fromage trop salé
– les légumes marinés et les fruits au sirop
– le vin rouge semi doux
– le lait frais entier
– tenter d’identifier des goûts inconnus

 

La VUE

– les rapaces, les pigeons, les tourterelles, les mouettes et les sortes de « bleu »-gorges, à 500 m d’intervalle
– les yeux pétillants plein de bonheur
– les voitures flambant neuves qui contrastent avec des poubelles ambulantes
– les panneaux qui préviennent d’une descente en indiquant une montée à 10 %
– les renards gris furtifs
– les paysages paisibles des lacs de montagnes et des sommets semi enneigés
– les maisons délabrées et abandonnées
– les boui-bouis ou les camions pour acheter des vêtements ou une brosse à dent
– la couleur jaune des oeufs au plat frais
– des visages bronzés par le soleil et ridés par le travail à la ferme
– les mimiques des gens auxquelles on n’apporte peu d’importance d’habitude mais qui soudainement sont indispensables à la compréhension de l’autre

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En somme beaucoup d’émotions et de rencontres riches qui nous font oublier l’heure et rythment nos journées à défaut de pédaler. On parvient tout de même à passer la frontière turque avec entrain. Nous sommes aujourd’hui à Kars, mais  les aventures de Maria & Maria seront pour plus tard !

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7 réactions au sujet de « De Tbilissi à la Turquie »

  1. J'ai l'impression d'avoir continué l'aventure avec vous. Les mêmes visages tous aussi heureux de recevoir, de partager. Les cinq sens résument tellement bien ce que l'on peut vivre dans ce pays.

    J'ai l'ipression de reconnaitre le profil des fesses de Marina sur la magnifique photo où l'une saute.

    Très belles les gorges 🙂

  2. Super article qui nous transporte avec vous auprès de vos hôtes et vos échanges si chaleureux.L'énumération des sensations y contribuent .On sent, on touche,… on voit surtout vos sourires qui en disent longs sur ce que sont les petits moments de bonheur !

    Marina, tu auras plein de jeux à nous apprendre qui détrôneront peut-être le" barbu"!!!

    Qui saute si haut dans le tunnel?  Et quel remède pour y parvenir après tant d'efforts dépensés?

    Merci de prendre du temps pour nous faire partager votre voyage, on devient addict!! De plus avec plusieurs écrivains, on a des récits et photos divers et ça c'est cool!

    Bises.

     

  3. Toujours aussi syumpas ces partages avec les personnes que vous rencontrez … et les enfants trop chouettes ! Je suis en phase avec Guy – très belle idée que d'avoir passé les cinq sens en revue avec ces impressions de voyages on en sentirait presque l'odeur … Bises  Un petit What'sap de Ben et Roro samedi qui étaient à Ispahan … cela fait rêver vos aventures … Véro

  4. Salut les filles

    C'est une bonne idée d'avoir passé en revu tous les sens.

    On vibre un peu plus avec vous. Les photos sont super, mais il me sembmle que vous n'avez pas eu un très beau temps et qu'il faisait froid. A quelle altitude êtes vous passées ?

    Bises

    Guy

    1. Oui on n'est pas toujours gâtées par la météo mais le reste compense. On passe jusque 2200m. Bcp de plateaux entre 1500 et 2000. Bisous

  5. Coucou

    Votre article me donne tout simplement envie de prendre mon vélo et de vous rejoindre.

    Belles prochaines rencontres!!!

    Bisous

    Florence

     

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